La Soupe aux livres – Spéciale “L’homme semence”

La soupe aux livres dont je vous parle régulièrement –voir anciens articles-, propose une spéciale “L’homme semence”voir l’article sur “L’homme semence”-, livre de Violette Ailhaud paru aux éditions Parole.

Cette soupe spéciale aura lieu le dimanche 19 décembre 2010 à Entrevennes, village situé entre Oraison et Bras d’Asse.

En effet, “L’homme semence”, ce court livre, qui raconte une histoire bouleversante, a été mis en scène par plusieurs compagnies de théâtre. Il sera joué ce jour là, par Base Art Compagnie de Mazan, dont l’interprétation de l’histoire est poignante et lumineuse, respectueuse du texte de l’auteur et vécue par Laure, la comédienne principale, de façon étonnante.

Pourquoi Entevennes ?

Parce que c’est sans doute l’endroit où se sont déroulés les événements racontés par Violette Ailhaud dans le livre.

Pourquoi le 19 décembre ?

Puisque nous sommes tout près du solstice d’hiver dont l’auteur parle dans l’histoire et parce que nous sommes à la veille de 2011 qui verra le 160e anniversaire du soulèvement républicain en Provence.

La pièce sera jouée à 15 h. Avant il y aura eu la soupe partagée entre tous et préparée par Catherine Lacroix du bistrot de pays Le Paradiso et, avant cette soupe, échange autour du contexte du soulèvement républicain de 1851, avec l’association 1851, des historiens…

Rendez vous donc, le dimanche 19 décembre à

  • 12h au bistrot de pays “Le Paradiso” pour parler du livre L’homme semence et du soulèvement républicain de 1851, avec la participation de l’association 1851.
  • 13h30 : pour partager soupe, fromage, pain et vin (préparation Le Paradiso). Participation au repas : 10 euros
  • 15h :  Base Art Compagnie jouera la pièce “L’homme semence”

Pour aller plus loin :

par Florence

4 commentaires

  1. 25 novembre 2010

    Les bas alpins ont payé très cher leur amour de la république en 1851… ce livre évoque l’une de ces réalités, la perte d’un grand nombre d’hommes dans les petits villages des Basses Alpes et aussi du Var. C’est bien d’en reparler, de ne pas oublier.


  2. Cécile
    26 novembre 2010

    On va se régaler, c’est sûr !
    Si vous ne connaissez pas les soupes aux livres, venez, goûtez, écoutez, échangez !!!
    vous y reviendrez probablement !


  3. 29 novembre 2010

    Merci à Florence de m’avoir donner, sur mon blog, l’info sur la représentation de l’homme semence à Entrevennes. Je ne pourrai y être ce 19 décembre mais aimerais être informé d’autres dates éventuelles.
    Pour celles et ceux qui le souhaitent, j’avais fait un papier sur mon blog “le livre est une hache” : http://lelivreestunehache.blog.lemonde.fr/ sur ce beau récit qu’est l’homme semence. J’avais également, il y a quelques temps publier sur ce blog un billet sur quelques écrivains “de Lure à Manosque” que je joins également ci-après.
    Bien cordialement.
    Pierre

    29 août 2010
    Les écrivains de là

    De Lure à Manosque avec Pierre Magnan,

    André Bucher, René Frégni, Tyde Monnier… et Giono

    Existe-t-il des terres d’écrivains comme des terres à vaches ou à blés, faites pour? Comme ces routes qui obligent les coureurs cyclistes à avoir le nez dans le guidon, des terres qui mettent le nez dans les mots, qui rejettent ceux qui se contentent de mots communs et qui donnent le meilleur d’elles-mêmes à ceux qui labourent sans cesse.

    Du côté de Manosque et de la montagne de Lure, une terre accueille les écrivains depuis plus d’un siècle. Giono est loin d’être seul avec Pierre Magnan, René Frégni, André Bucher, Jean Proal, Henri Bosco, Thyde Monnier,…Connus, moins connus ou oubliés, ces écrivains ont choisi des chemins différents mais ont en commun une plume et une force, un style, une attention permanente aux mots, une mise en mouvement de ce qui nous relie, un sens de l’histoire avec ou sans H. Peux-t-on dire qu’ils tirent leurs atouts d’un territoire? Certainement si on n’en fait pas des écrivains régionalistes, mot qu’à juste titre Giono exécrait, non parce qu’il voulait appartenir à la caste des écrivains mais parce que s’il s’inscrivait dans un territoire sa résonance allait bien au-delà.

    Giono reste une ombre tutélaire. Pourtant il n’a pas fait école, même s’il a toujours eu des gens autour de lui depuis l’époque du Contadour qui rassemblait ses aficionados dans les années trente sur le plateau de Lure. Encore aujourd’hui sa mémoire et son œuvre sont ardemment entretenues autour du Centre Giono de Manosque. Elles sont aussi jalousement gardées. L’histoire de ses amours présumés avec Blanche Meyer est révélatrice de la force du clan (voir sur ce blog le billet du 17 septembre 2008 et “Blanche Meyer et Jean Giono” d’Annick Stevenson, Actes Sud, 2007). Que Giono ait été un séducteur est un fait. Que l’on puisse aisément se passer de la connaissance de ses amours pour aimer et comprendre son œuvre en est un autre. Mais le silence des proches est tout aussi impressionnant qu’étourdissant. Pourquoi Pierre Citron dans sa magnifique biographie n’en dit pas un mot? Mystère! Dans une interview récente, Pierre Magnan annonce que dans son prochain livre autobiographique il fera la clarté sur cette histoire.

    Magnan était le plus doué de sa génération. A 20 ans il savait tout faire de ce qu’un romancier doit savoir faire. L’aube insolite, son premier roman, est un modèle du genre. Habile et virtuose, Magnan maîtrise tous les ressorts romanesques. Sa première phrase : « Ils étaient tous autour du poêle quand il entra » est simple et sans esbroufe et fait entrer le lecteur de plain-pied dans le récit. Robert Kemp, qui à l’époque régnait sur la critique, parla « d’une manière de chef-d’œuvre ». La suite ne fut pas un simple déroulé. Après deux essais manqués, il lui fallu attendre plus de trente ans pour être à nouveau publié et quarante pour connaître les succès et la reconnaissance. Ses ventes en poche se montent à plus d’un million trois cent mille exemplaires et à 87 ans il écrit et publie toujours.

    Qu’est-ce qui fait que ce jeune auteur talentueux devenu un auteur populaire et reconnu restera toujours à quelques encablures des grands écrivains, qu’il est un auteur qu’on peut aimer mais non admirer? Magnan répond lui-même dans ses mémoires (Un monstre sacré) en évoquant Giono : «Seul éclata Giono parce que lui seul prit exactement la mesure de ce que représente l’acte d’écrire. L’amour, la haine, la gloire, la désillusion, la solitude, la trahison et même la peur de la mort ne lui serviront que de matériau pour son œuvre. Jamais il n’éprouvera aucun de ces sentiments jusqu’à la souffrance indicible. « Il ne vivait en société que par surcroît » dit-il d’un de ses personnages ». Même s’il en possède toutes les clés, Magnan est resté au bord de la littérature. « Je suis un écrivain des pauvres » dit-il, sans que l’on sache s’il s’agit d’une cible ou d’une excuse.

    André Bucher, au fil de ses cinq premiers romans, a trouvé un public.

    Un article dans le Monde des livres ne fait pas un auteur mais peut assurément l’y aider. Quand Josyane Savigneau, intriguée par ce « jeune » auteur qui publie son premier roman à 57 ans, se rend dans sa montagne c’est pour y rencontrer un « auteur inconnu » qui par sa grâce ne devrait plus le rester longtemps (Le Monde, 2 janvier 2004). Ce n’était pas la renommée, mais déjà un air de trompettes.

    Je suis tombé par hasard sur André Bucher au marché de Montfroc, son village dans la vallée du Jabron. Cette vallée court sur 40 kilomètres de Sistéron à Sédéron. Ici tout est rude et rugueux. La vallée est creusée comme une tombe. Est-ce un hasard si c’est là qu’Angelo, le hussard de Giono, rencontre pour la première fois les cadavres infectés par le choléra? Dans le Jabron, rien n’est joli mais tout peut apparaître beau. Le marché de Montfroc est sur un parking en contre-bas de la route qui simule une piscine abandonnée. Quatre, cinq étals sont rassemblés où reposent quelques fruits, légumes ou fromages. André Bucher est agriculteur. Il y vend ses produits, surtout ses livres et de l’ail. Un grand escogriffe, à la longue barbe en jachère comme une médaille d’anciennes transhumances, rangeait patiemment ses légumes. Je regardais ses livres comme on jauge des melons. Tiens, un livre sur la vallée du Jabron, un auteur qui aime les romanciers américains comme Harrisson ou Rick Bass, une histoire qui n’est pas celle du bon vieux temps. Rien à jeter sur la page quatre de couverture. J’avais décidé d’en prendre un mais lequel ? J’ai toujours du mal à commencer les conversations : « Vous êtes l’auteur ? » Ridicule, c’était l’évidence. « C’est combien ? », commencer par l’argent me semblait une entrée en matière peu délicate. Des yeux, je lui demandais d’éclairer mon choix. Des yeux, de grands yeux bleus, il me fit comprendre que cela lui était impossible, comme s’il devait choisir entre ses enfants.

    Il m’expliqua, premières paroles !, que pour des raisons de distribution un des livres n’était pas à vendre. Tout cela était bien obscur, d’autant que le livre qui n’était pas à vendre était le mieux mis en évidence ! A ne rien comprendre ! Cela me plaisait. Je le payais en menues monnaies. Nous avons recompté trois fois les pièces, lui croyant que c’était trop et moi le contraire. Cela eût été un bon début pour une conversation. Nous en sommes restés là, et je suis reparti heureux de ma découverte.

    Pays à vendre (Sabine Wespieser, 2005) balance entre samba et rock et roll, la drôlerie et l’extravagance des situations. Un polar dans le Jabron où même les poncifs ont du charme : le privé pochtron séducteur, les méchants étrangers qui veulent transformer la vallée en parc d’attraction…

    Avec Le Pays qui vient de loin et Le cabaret des oiseaux (Sabine Wespieser, 2003 et 2004), Bucher tisse les liens de la filiation avec ceux de la terre. Même s’il manie les grands sentiments, l’empathie ne se confond jamais avec le pathos. Et la mesure n’est pas un calcul, juste une question de pudeur.

    Déneiger le ciel (Sabine Wespieser, 2007) est un road movie d’une nuit dans la neige, le souffle tragique d’un homme à la poursuite de son passé, de son avenir ou juste d’un homme à la poursuite.

    Un roman écrit en marchant comme Montaigne est un penseur à cheval. Récit d’un marcheur qui épouse le rythme lent et vigilant de la marche, de celui dont les pensées divaguent, vont, et reviennent mais qui doit constamment être attentif au chemin et à ses pièges. Cette confrontation permanente, comme les pierres du silex, donne au récit toute sa luminosité.

    Et puis il y a Lure et la vallée. Lure qui déroule au Sud son tapis vert et déploie au Nord son rideau de pierre. Lure protectrice avec ses pectoraux imposants prolongés de ses bras velus. « Là-haut sur Lure, écrit Bucher, lorsque le vent crie, les arbres ont une jolie voix ». Depuis Giono, on n’avait plus aussi bien raconté ce pays tout en se tenant « à l’écart de tout pathos sur la vraie vie perdue des vraies gens de nos si belles montagnes, de toute nostalgie, de tout faux lyrisme » (Josyane Savigneau).

    Bucher est d’un pays dont il n’est pas l’enfant. Il en est devenu, à son corps attaquant, le père adoptif.

    René Frégni est un écrivain attachant. L’amour qu’il porte à ses personnages rejaillit sur le lecteur. Il n’est pas surprenant de trouver sur le Net des messages comme : « J’ai avalé ton dernier livre comme les dix autres, goulûment! Avec le même plaisir de croquer tes mots, de téter la lumière de tes phrases ». Je ne sais comment est l’homme mais je suis sûr qu’au bistrot on doit passer une heure agréable en sa compagnie. Né à Marseille et ami de J.-C. Izzo, vivant à Manosque et admirateur de Giono, il tient un peu de l’un et de l’autre comme on tient à des êtres chers. S’il se distancie de l’écriture de Giono, il le rejoint par le thème permanent de la cavale qui sous la forme de l’errance structure toute l’œuvre de l’auteur du Hussard. Frégni est derrière ses personnages comme un réalisateur la caméra au poing. Il les suit au plus près, ne les lâche pas d’une semelle. On les sent, les hume, les respire. On pourrait décrire leur odeur, et le parfum d’Alice, Mina ou Sylvia se reconnaît sans hésitation dans la foule.

    Les vies se remplissent et se vident par amour. Jamais comme il faut et quand il le faut, alors les héros de Frégni courent après à en perdre leur vie ou leur raison, mais à quoi d’autre est-ce qu’on la gagne? Les femmes sont mystérieuses, évanescentes, au passé inconnu et à l’avenir aléatoire, belles évidemment, trop sans doute non par punition mais comme un destin. Romans noirs, du noir qui attire les couleurs et joue sur la lumière comme un tableau de Soulages.

    Thyde Monnier et Jean Proal sont oubliés. Lit-on encore Henri Bosco? L’âne culotte fait peut-être encore le bonheur des enfants. Le mas Théotine, qui reçut le Renaudot en 1945, reste l’œuvre majeure de Bosco. Si l’universalisme de Giono tient, notamment, à son recul par rapport aux valeurs morales de son époque, c’est loin d’être le cas pour Bosco, ce qui donne à son récit des accents surannés, même si le charme de son écriture reste omniprésent. Il partage avec Camus la terre du cimetière de Lourmarin. Ils ne se sont guère connus même si on peut croire qu’ils s’y sont rencontrés (Camus n’a séjourné qu’une quinzaine de mois à Lourmarin). Nul doute que dans ce cimetière meurtri par le soleil l’un pourra faire partager le comment des choses tandis que l’autre le pourquoi.

    Tyde Monnier a eu un destin que chaque auteur se doit de méditer. Elle fut un auteur à succès dans les années 40-50. La série des Desmichels se vendait à plus de 150.000 exemplaires. Elle fut adaptée pour la télévision. Aujourd’hui Tyde Monnier est complètement oubliée. Le principal mérite de Pierre Magnan est de rappeler sa mémoire dans Un monstre sacré où il relate leur relation de plusieurs années quand il avait 20 ans et elle plus de cinquante. Malheureusement, Magnan en parle mal au nom d’une soi-disante vérité qui n’est que médisante vérité. Être écrivain et manquer d’élégance ne sont pas choses incompatibles. Les livres de Monnier sont épuisés et ne sont plus réédités. On peut encore en trouver chez des bouquinistes. Lisant récemment Nans le berger (qui a le plus de succès dans la série des Desmichels), je n’y ai pas trouvé les « excès pathétiques et la pauvreté d’écriture » rapportés par Magnan. Il y a bien plus d’humanité que chez l’auteur de Laviolette. Refermant le livre, je me suis simplement dit, c’est très beau.

    Jean Proal connut un succès d’estime, mais ses lecteurs restèrent limités. Il a gardé une batterie d’admirateurs qui a entrepris la réédition de son œuvre publiée jadis chez Gallimard ou Julliard. Les éditions de l’Envol, situées à Mane, ont également publié un bel opuscule, S’arrêter un moment avec Jean Proal. Ce dernier, abattu par les refus successifs, avait reçu un bel encouragement de Giono quand il lui écrivait en 1929 : « La source est bonne et l’eau est claire. Il y en a qui viendront boire, vous verrez…Ne soyez pas abattu. Rien ne doit vous empêcher d’écrire. Il faut que ce soit tellement vrai qu’un échec vous soit un réconfort et comme un coup sur une balle élastique vous fasse bondir plus haut ».

    De sel et de cendre (publié en 1953 chez Julliard et réédité aux éditions de l’envol en 1996) est un récit qui, sur fond d’un crime, organise la rencontre de deux forces intérieures qui tirent leur énergie des faiblesses respectives de l’autre et dont l’affrontement passionnel est la seule issue. La force de l’écriture de Proal est de rendre compte, par un style sobre, de la puissance qui anime les personnages.

    En cette rentrée littéraire, le risque de rencontrer la littérature est aléatoire alors que se plonger dans Frégni, Bucher, Magnan voire (si on les trouve) Monnier ou Proal est, de ce côté là, sans risque. Ces écrivains sont nés ou ont choisi d’habiter dans ce pays qui va de Lure à Manosque. Et leurs mots résonnent bien au-delà.

    Les livres de Pierre Magnan sont en poche.

    Ses derniers, Élégie pour Laviolette, est paru chez Robert Laffont. et Chronique d’un château hanté chez Denoël. A lire, notamment, Un monstre sacré, La folie Forcalquier, L’aube insolite et La maison assassinée.

    Les romans de René Frégni sont en poche. A lire, notamment, L’été, Les nuits d’Alice, Les chemins noirs et Tendresse des loups.

    André Bucher a publié ses quatre premiers romans chez Sabine Wespieser, et son dernier, La Cascade aux miroirs chez Denoël. Le cabaret des oiseaux est en poche. A lire, notamment, Pays à vendre et Déneiger le ciel.

    Henri Bosco est toujours disponible en poche, Tyde Monnier seulement chez les bouquinistes et Jean Proal aux Éditions de l’envol à Mane (04).


  4. Brice
    29 novembre 2010

    “Découverte : Violette Ailhaud

    Rien que l’histoire de ce court mais fascinant manuscrit est un roman : écrit en 1919 par Violette Ailhaud, alors âgée de 84 ans, il ne sera transmis à l’une de ses héritières qu’en 1952 par l’entremise d’un notaire, soit un siècle après les faits relatés dans ce livre paru chez un petit éditeur varois.

    Cela débute comme suit :

    “J’ai décidé de raconter ce qui s’est passé après l’hiver de 1852 parce que pour la seconde fois en moins de 70 ans, notre village vient de perdre tous ses hommes sans exception. Le dernier est mort le jour de l’Armistice, le 11 novembre dernier.
    Pour nous les femmes, il n’y a pas victoire mais vide et je joins mes larmes à celles de toutes les femmes, allemandes ou françaises, qui errent dans leur maison sans homme … J’avais 16 ans en 1851, 35 ans en 1870 et 84 aujourd’hui. A chaque fois, la République nous a fauché nos hommes comme on fauche les blés. C’était un travail propre. Mais nos ventres, notre terre, à nous les femmes, n’ont plus donné de récolte. A tant faucher les hommes, c’est la semence qui nous a manqué.”

    “L’homme semence”, ce très beau récit est paru dans la collection “Main de femme” (des livres à ne pas mettre entre les mains de tous les hommes), chez Parole éditions.
    Nicky Depasse

    Écrit par Brice dans Littérature générale”


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