En hommage à Nicole Ciravégna

Je viens d’apprendre le décès de Nicole Ciravégna, écrivaine provençale (35 ouvrages) jouée à la radio (Michel Duchaussoy) et à la télévision (mise en scène de Michel Subiela), amie de coeur de Moustiers Sainte Marie (l’école porte son nom), auteur de “Le colchique et l’étoile” dont l’action se déroule à Rougon, La Palud, Moustiers Sainte Marie et Marseille.

Elle a été inhumée vendredi 28 août 2011 au Brulat (près du Castellet).

Voici, comme en hommage, sa biographie, transmise par Jacques Lecugy de Moustiers.

L'écrivaine Nicole Ciravégna

L’écrivaine Nicole Ciravégna

Nicole Ciravégna est née dans une famille peu ordinaire.

Ses arrière-grands-parents paternels quittèrent le Piémont en 1865 pour aller s’installer à Toulon. Le grand-père, François, est né en chemin, juste à la frontière française. Devenu garçon boucher, il s’est épris d’une jeune fille de la haute bourgeoisie, Claire-Anaïs. Devant le refus de sa famille, elle attendra d’avoir vingt ans pour pouvoir l’épouser. Ils auront cinq garçons, le dernier étant le père de Nicole.

La mère de Nicole Ciravégna était réceptionniste à Thiers, dans un hôtel appartenant à sa sœur. Elle y rencontrera son père, représentant en aspirateurs. Nicole verra le jour à Nice, en 1925. “Je suis née à Nice en 1925 d’une jolie maman et d’un papa très rigolo.”

Son père s’oriente vers une activité de boucher puis il s’engage dans la marine marchande pour des voyages au long cours vers l’Argentine. La famille s’installe alors à Aubagne avec ses trois enfants : Nicole, Jean (connu sous le nom de Jef Colline) et Noëlle.

Nicole Ciravégna fait de brillantes études à Aubagne puis à Marseille.

En 1945 elle est reçue au concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-aux-Roses d’où elle ressortira avec le CAECEN (actuellement l’agrégation de Lettres Modernes).

En 1946, mort du père de Nicole. Son frère, qui préparait le concours des Hautes Etudes Cinématographiques, devient décorateur chez Sicard, à Aubagne, pour nourrir sa famille. (Noëlle a seulement douze ans et Nicole est à Fontenay). C’est un autodidacte. Il deviendra ensuite dessinateur au journal “Le Provençal” devenu par la suite “La Provence”.

Au sortir de l’Ecole Normale, Nicole Ciravégna prend en charge sa mère et sa sœur. Elle vivra avec sa mère jusqu’à la mort de cette dernière.

Son premier poste de professeur est à Prades, dans les Pyrénées. Pour se rapprocher de sa mère elle obtiendra sa mutation à Toulon l’année suivante puis à Marseille où elle enseignera jusqu’à la fin de sa carrière, au lycée Michelet en dernière affectation.

En 1962 Nicole Ciravégna publie, aux éditions Magnard, son premier roman pour la jeunesse “le Sentier sous les herbes“.

En 1963 paraît “le Colchique et l’étoile” dans lequel elle chante Moustiers, ce Moustiers qu’elle aime tant et où elle revient chaque année en vacances, chez “Tonton Jules” (Jules Courbon) qui lui prête “le cabanon”. “J’ai écrit le Colchique et l’étoile” pour remercier Tonton Jules qui nous hébergeait l’été sans vouloir nous faire payer.”

Jef Colline illustre ce livre et il en illustrera bien d’autres par la suite, en particulier la célèbre série des “Chichois”, très prisée des enfants.

De 1962 à 2006, Nicole Ciravégna a publié plus de trente ouvrages, écrits en grande partie pour la jeunesse. Ses romans s’inspirent surtout de l’histoire de sa ville et de cette Provence qui est pour elle une source d’inspiration intarissable.

L'écrivain Nicole Ciravégna en séance de dédicaces

L’écrivain Nicole Ciravégna en séance de dédicaces à Moustiers Sainte Marie

De nombreux prix viennent couronner sa carrière d’écrivaine :

  • en 1979, le Prix de l’Académie de Marseille pour “Les trois jours du cavalier”
  • en 1980, le Prix des Maisons de la Presse pour le même ouvrage
  • en 1999, le Grand Prix Littéraire de Provence (qui récompense une œuvre d’expression provençale ou, en français, d’inspiration provençale) vient couronner l’ensemble de son œuvre.

Nicole Ciravégna obtient, la même année, trois voix au Prix Goncourt pour “Les trois jours du cavalier”.

  • Le nom de Nicole Ciravégna a été donné à l’école communale de Moustiers.
  • Il a été attribué à la bibliothèque de l’école d’application de l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) de Marseille, accolé à celui de Jef Colline.
  • Elle est la marraine du Musée Gaspard de Besse à Besse-sur-Isolle, dans le Var.

Nicole est morte il y a quelques jours et a été enterrée au Brulat (près du Castellet, dans le Var) le 26 août 2011.

Et pour découvrir ou redécouvrir cet auteur, voici sa bibliographie.

L'écrivain Nicole Ciravégna à Moustiers Sainte Marie

L’écrivain Nicole Ciravégna à Moustiers Sainte Marie

Remerciements à Jacques Lecugy de Moustiers Sainte Marie, pour m’avoir transmis toutes ces informations et photographies.

Florence

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18 commentaires

  1. 29 août 2011

    J’apprends ce jour avec tristesse le décès de Nicole Ciravégna et je lui rend un grand hommage parce qu’elle était une personne très sympathique. Je l’ai connu lorsque j’étais petite. Mon papa qui était maçon,faisait des réparations à la maison où elle passait l’été. Je me rappelle qu’elle nous offrait un sirop à la grenadine à ma soeur et moi. J’avais huit ans quand a eu lieu le tournage du film le Colchique et l’étoile, j’ai quelques souvenirs.
    Martial nous l’a passé au cinéma itinérant il y a quelques temps et c’était émouvant de revoir certaines personnes de Moustiers aujourd’hui disparues.


  2. Ghyslaine
    12 septembre 2011

    J’ai eu beaucoup de peine en apprenant cette triste nouvelle. Nicole Ciravégna a été mon professeur de français au Lycée Michelet pendant plusieurs années. J”ai gardé le souvenir d’une petite femme dynamique et joviale. Plus tard, j’ai été très émue qu’elle rencontre mes enfants lors de la présentation d’un de ses livres. J’en parle encore souvent avec eux, car c’était une femme extraordinaire remplie de bonne humeur et très humaine. Qu’elle repose en paix.


  3. Gérard Blua
    31 décembre 2011

    Je découvre aujourd’hui votre remarquable site en hommage à Nicole Ciravegna.
    Peut-être pourriez-vous compléter sa bibliographie. En effet j’ai fait à Nicole son dernier plaisir éditorial en republiant d’une seule traite ses sept Chichois en une collection nouvelle chez Autres Temps (mai 2009) avec des illustrations de Jos (puisque celles
    de Colline étaient hélas juridiquement non publiables). Elle se désolait de l’abandon de ces titres par ses éditeurs précédents et nous avons eu le temps d’aller au bout de ce projet.
    Retraité du monde littéraire pour des problèmes de santé, je vous renouvelle mes félicitations et mes remerciements pour cette petite flamme que vous entretenez pour une grande dame.


  4. 2 janvier 2012

    Merci beaucoup pour votre message et pour le partage de ce complément d’information.


  5. DENISE SAHUT
    19 octobre 2012

    J’aime Nicole Ciravégna qui a été mon professeur au Lycée Michelet et qui m’a tant appris, non seulement en Littérature , mais surtout sur la vie. Je suis triste qu’elle nous ait quittés, et je ne l’oublierai jamais. Une grande dame, un grand coeur que l’on ne peut oublier si on l’a connue.
    DENISE SAHUT


  6. LOUNADI EL HOCINE
    24 août 2013

    Je viens de le savoir en tapant son nom sur le net .Je suis vraiment triste que Nicolle Ciranégna nous ait quittés .
    Elle était une grande dame dommage je l’ai pas su à temps .
    J’aimerai bien si quelqu’un peut me indiquer le lieu de où elle se repose ; j’irais lui rendre visite .
    Hocine


  7. 26 août 2013

    Bonjour Hocine,
    Merci de votre témoignage.
    Nicole Ciravégna est inhumée au Brulat, un village près du Castellet (83330), dans le Var.


  8. sahut yvette
    29 septembre 2013

    ma sœur denise et moi meme noue etions ses bouchons ,comme elle nommais affectueusement ses anciennes eleves ..Nous avons eu le bonheur de passer du temps avec elle ces dernieres annees .Nous avons ces livres ,bien sur,dont elle aimais expliquer le genése avec tant d’humour et d’humanite .Il y aurais tant à dire sur nicole,……Grace aux chichois,elle est là dans les ecoles…..Je suis triste,mais ses livres sont là pour ne pas l’oublier.Adieu nicole.


  9. Cadiere Jeremy
    23 décembre 2014

    Bonjour à tous
    J’ entretenais une correspondance avec Nicole quand j’étais enfant…
    Savez vous ce qu’est devenu son frère Camille l illustrateur de ses livres
    Cordialement


  10. michèle Castanet
    2 mai 2015

    Lorsque Colline, le frère de Nicole Ciravégna a fait un AVC, il a eu son côté droit paralysé. Dramatique pour un dessinateur droitier… Nicole a dit “Alors, je n’écrirai plus” . Colline a alors, avec sa main gauche, tenu sa main droite et il a continué à dessiner pour que sa sœur poursuive son travail d’Ecrivain …


    • 3 mai 2015

      Merci Michèle pour votre message. Cette information est très émouvante ! Quel amour fraternel d’un côté comme de l’autre !


  11. calamy
    30 octobre 2015

    J’ai eu Mme Ciravegna comme professeur en seconde. Elle se moquait de moi devant tout le monde et j’ai du faire ma premiere par correspondance chez mes parents qui avaient peu de moyens financiers. Je deteste cette personne qui ecrit sur la tolerance et la bienveillance et qui ne l’a pas pratiquee (toute une annee, pas qu’une fois). J’en ai souffert toute ma vie (j’ai 60 ans).


  12. calamy anne
    28 janvier 2016

    J’ai écrit un commentaire (trop???) négatif sur Mme Ciravegna qui fut mon professeur au lycée à Marseille pendant deux ans. Elle se moquait régulièrement de moi devant toute la classe… particulièrement humiliant quand on est adolescente. Elle a changé ma vie. Je me suis renfermée et ai développé une véritable phobie scolaire. Deux années à rester chez mes parents sans pouvoir continuer le lycée ! Ce sont eux qui m’ont permis de devenir résiliente. Je ne peux pas avoir de considération pour cette personne. Pourquoi donc ce message n’a pas de place dans votre concert d’éloges ???


    • 29 janvier 2016

      Bonjour Mme Calamy,
      Vos deux commentaires sont présents dans cette page.
      Le premier date du 30 octobre 2015 et le deuxième du 28 janvier 2016. Ils sont tous les deux publiés.
      Votre avis a sa place comme l’avis d’autres personnes.
      Bonne journée,
      Florence


  13. Marie-Hélène Cina
    12 juillet 2016

    J’ai également eu cette dame comme professeur de français en 6ème, 5ème (il y a quelques années). Je suis heureuse de savoir qu’elle n’a pas fait l’unanimité concernant les qualités exceptionnelles qu’on lui attribue. Quant à moi, je garde, plus que ses qualités d’écrivain, le souvenir de quelqu’un qui ne m’aimait pas, d’emblée, avec beaucoup de moqueries de sa part, me rabaissant dès qu’elle le pouvait. Aujourd’hui encore (j’ai 60 ans), j’essaie de comprendre son attitude envers une gamine qui était certes timide, mais perdue dans la masse …. blonde aux yeux bleus, enfant de militaire … Quelle honte ! Il a quand même fallu que je change d’établissement ….


    • Denise Sahut
      19 décembre 2017

      Bonsoir,
      Je suis très étonnée d’apprendre par vos messages que Mademoiselle Ciravégna pouvait avoir des comportements aussi peu » amicaux »… c’est le moins que l’on puisse dire… avec certains élèves. Je ne l’aurais pas pensé, mais je respecte votre témoignage et ne le conteste pas. Je me souviens qu’elle était moqueuse, mais cela ne m’avait pas semblé méchant et je n’en ai pas eu à en souffrir. Je me souviens qu’elle nous avait dit que toute personne mauvaise a un certain pourcentage de bon en elle et vice-versa, cela semble se confirmer…. Je lui reste très reconnaissante pour tout ce qu’elle m’a apporté et je pense encore souvent à elle.


  14. chatenay
    21 mars 2018

    desolée par les quelques appréciations négatives moi je garde un souvenir incroyable de cette petite bonne femme qui nous a tant apporté;
    j’étais au lycée Michelet ce fut mon professeur de français de 1962 à 1965 et avec melle Garcin aussi mon professeur de français en 1960 et 1961 elle reste un magnifique souvenir d’adolescente.
    que son âme repose en paix je garde pour moi son sourire espiègle mon nom était Denise Ravanello (si toutefois une copine d’alors lisait mon message)


  15. Michèle
    16 juin 2018

    J’ai eu la chance d’avoir Mme Ciravegna en classe de première au lycée Michelet (en 1966) et je lui suis reconnaissante de tout ce qu’elle m’a apporté.Je n’ai jamais cessé de penser à elle,à sa passion pour la littérature qu’elle savait si bien nous transmettre,à son humour…Qu’elle repose en paix.


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