Désiré Sic, l’aventurier enraciné de Colin Miège

Désiré Sic, l'aventurier enraciné de Colin Miège

Désiré Sic, l’aventurier enraciné, récit d’une vie dans le XXe siècle de Colin Miège a été publié en janvier 2020 par les éditions L’Harmattan.

Un ouvrage consacré à cet homme, pur bas-alpin né et mort à Entrevaux, écrit par son petit-fils Colin Miège.

Le parcours de Désiré Sic ne fut pas celui d’un héros, mais plutôt d’un homme ordinaire qui a traversé le XXe siècle.

Il fut impliqué dans des événements hors du commun : la colonisation du Maroc, la Première puis la Seconde guerre mondiale.

L’accumulation de toutes sortes de documents et la réalisation de milliers de photographies retracent son itinéraire personnel.

 

 

 

Désiré Sic

Désiré Sic, né et mort à Entrevaux (1883-1974), était viscéralement « enraciné » à sa terre natale, le sud des Alpes de Haute Provence. Cela ne l’a pas empêché pour autant de s’expatrier dès la fin de l’adolescence. Il est en effet parti pour exercer son premier métier de menuisier à Marseille, puis en Algérie, au début des années 1900.

Mais la vie d’ouvrier est rude à cette époque, et il regagne son village natal assez rapidement. Il ne tarde pas à repartir pour effectuer son service militaire au sein du 7ème régiment du génie, à Nice. Ce service de trois années lui ouvre les horizons de la grande ville. Il a aussi l’opportunité de compléter sa culture et ses connaissances.

Après un intermède comme responsable de l’usine électrique d’Entrevaux (1907-1908), il décide de contracter un engagement dans l’armée. Il rejoint ainsi la partie du 7ème régiment du génie casernée à Avignon. Ayant embrassé la carrière militaire à l’âge de 26 ans, Désiré Sic se porte volontaire pour servir au Maroc quatre ans plus tard.

Ce sera le début d’une aventure dans un pays neuf, qui vient de passer sous le protectorat de la France. Il y rencontre Fernande Tabacchi. Il l’épouse en juillet 1914, quelques semaines seulement avant d’embarquer avec sa compagnie au sein de la Division marocaine pour le front de France.

Sur le front 1914-1917

Les quelques 32 mois que Désiré passe sur le front jusqu’en avril 1917 constitue une expérience marquante à tous égards. Elle est particulièrement documentée grâce à tous les objets, documents, carnets et photographies qu’il a conservé de cette période, sans compter l’ensemble des lettres échangées entre lui et son épouse, qui a été exhumé et décrypté.

Le Maroc

Ayant obtenu d’être affecté de nouveau au Maroc, il rejoint le territoire en mai 1917 avec son épouse et son jeune fils, mais celui-ci y décède quelques mois après leur arrivée, à peine franchi le cap de sa première année… Le couple sera très affecté par cette disparition prématurée. Le séjour marocain se poursuit jusqu’en 1921, et voit la naissance de leur fille unique, Marie-Louise.

Désiré est ensuite affecté à Versailles pour un stage de perfectionnement d’une année, puis à Avignon.
Ce n’est qu’en 1926 qu’il regagne le Maroc, pour y servir jusqu’à sa retraite en 1933, acquise avec le grade de chef de bataillon.

Retour à Entrevaux

Bien qu’incité par son épouse et sa fille à rester au Maroc, son unique projet est de retrouver son cher Entrevaux pour consacrer le reste de son existence à ses passions, le jardinage, la pêche, la peinture et les parties de cartes entre amis. Ce dessein est à peine ralenti par son engagement dans la vie publique locale. En effet, à la faveur des élections municipales de 1936, il est désigné adjoint au maire du village.

Cet engagement se poursuit durant la période de l’occupation. Il se double d’une prise de responsabilités au sein de la Légion Française des combattants. Désiré Sic est en effet devenu un pétainiste convaincu, et le restera jusqu’à la fin de ses jours, malgré les leçons de l’Histoire.

L’œuvre photographique

Désiré Sic, l'aventurier enraciné de Colin Miège

Son histoire personnelle est étroitement liée à celle de notre pays, à laquelle il a modestement contribué. Ayant grandi dans un milieu rural modeste à la fin du XIXème siècle, rien ne le préparait mentalement à découvrir les horizons et à affronter les épreuves qui allaient s’ouvrir à lui.

Sur le plan personnel, il s’est avéré un conservateur compulsif. Il a capté et mis de côté toutes sortes de documents se rattachant à son existence.

Ainsi, il a accumulé ainsi tout au long de sa vie une multitude de « souvenirs » – objets, écrits ou photographies – qui permettent d’en reconstituer le fil avec une grande précision et de la resituer dans ce XXème siècle mouvementé.

Il a conservé en particulier l’essentiel de sa correspondance envoyée et reçue durant des décennies. Cela donne un aperçu de la sociabilité de l’époque, sensiblement différente de la nôtre.

Enfin, il a produit une œuvre photographique de plus de cinq mille clichés, qui contribuent à illustrer les divers contextes qu’il a connus : la Grande Guerre, le Maroc à différentes époques, la France rurale des années trente

Ouvrages tirés de l’œuvre photographique de Désiré Sic

Cette œuvre photographique monumentale a pu être exploitée par ses héritiers. Elle a notamment donné lieu à la publication de plusieurs ouvrages.

Trois ont concerné la Première Guerre mondiale, un sur le Maroc et le dernier concerne la vie de l’auteur.

  • Une guerre d’hommes et de machines, de Alexandre Lafon et Colin Miège (éd. Privat, 2014),
  • La Grande guerre vue par un officier du génie, de Colin Miège (éd. ETAI, 2014),
  • Le parcours d’un militaire bas-alpin entre le Maroc et le front de France, édité par les archives départementales des Alpes de Haute Provence. Elles ont en effet reçu en dépôt l’ensemble du fonds photographique.
  • Le Maroc dans l’objectif du photographe Désiré Sic, 1912-1933, publié aux éditions La Croisée des chemins (Casablanca, 2017). La partie du fonds consacrée au Maroc a été communiquée aux Archives du Maroc, ce qui a permis la réalisation de cet ouvrage.
  • Désiré Sic, l’aventurier enraciné, récit d’une vie dans le XXe siècle de Colin Miège, en janvier 2020 par l’Harmattan

Plusieurs expositions et conférences ont été réalisées en divers endroits, et le fonds a suscité l’intérêt de certains historiens.

Enfin la correspondance des époux Sic durant la Grande guerre, qui présente un intérêt historique au-delà de son aspect personnel, est en cours de publication.

L’auteur Colin Miège

Colin Miège est un ancien élève de l’ENA. Il a effectué une carrière de haut fonctionnaire au ministère de la Jeunesse et des Sports, puis de l’Intérieur. Il a réalisé plusieurs ouvrages à partir des photographies prises par son aïeul durant la Grande Guerre, puis au Maroc. C’est aussi un spécialiste des institutions sportives au plan national et européen.

Informations complémentaires

 

Écrit par Florence le 30 janvier 2020

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